mercredi 18 avril 2012

Gouvernantes et gouvernants actuels : La rhétorique de l'oppression. Analyse des stratégies rhétoriques contre le mouvement étudiant


Il existe une manière de présenter, de dire, de manipuler la réalité dans le but de persuader quelqu'un de quelque chose. On appelle souvent cela de la propagande, même si cette dernière est plus générale, englobant les actions de promotion également, alors que la rhétorique ne concerne que le discours. Le gouvernement actuel ainsi que les chroniqueurs-euses et dirigeants-es adhérant à l'idéologie néo-libérale utilisent plusieurs techniques de persuasion dont le but ultime reste à définir.

La litote ou l'atténuation des faits
La première méthode que j'ai observée est une rhétorique d'atténuation des faits que j'appelle la litote en étendant cette figure de pensée à une figure de discours. Les exemples1 de diminution substantielle des chiffres et de dénis de la réalité sont nombreux dans les médias pour atténuer l'importance (statistique) du mouvement étudiant : le nombre de personnes dans les manifestations, le nombre d'étudiants en grève, le montant de la hausse des frais de scolarité (qui occulte à bon escient les hausses précédentes depuis les années 90), etc. C'est typique du discours social dominant de ne pas reconnaître la réalité de son oppression en ne reconnaissant pas le statut des opprimés ni leurs revendications et encore moins leur mouvement de protestations.

L'hyperbole de l'exception et du contraire
Les médias et les gouvernants relèvent systématiquement les comportements exceptionnels et condamnables : violence, vandalisme, désordre, problème dans certaines assemblées générales étudiantes, etc. La couverture médiatique se trouve donc disproportionnée et, de l'extérieur, donne une impression très différente de la réalité intérieure vécue par les étudiants-es. De plus, tout mouvement d'opposition pourra faire la Une, comme on l'a vu avec le Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec2 (MESRQ) dont les portes-paroles ont obtenu très facilement et rapidement une attention médiatique importante au point de donner l'impression que leurs membres étaient aussi nombreux et militants que ceux de la CLASSE et des Fédérations étudiantes.

Le transfert sémantique
Il s'agit de prendre un mot, par exemple « grève3 », de lui retirer son sens général, lequel était admis généralement lors des précédentes grèves étudiantes, pour ne lui appliquer que sa définition dans le code du travail4, laquelle, forcément, ne s'applique pas au mouvement étudiant. On lui trouve alors un substitut dont le sens est différent, le mot « boycott5 » qui implique alors un changement dans la finalité du mouvement, lequel devient une tentative de sabotage de l'ordre et de l'institution plutôt qu'un mouvement de revendications précises. Il retire également une part de sa notion collective pour lui attribuer un caractère individuel comme le fait de boycotter un restaurant ou un magasin. Évidemment, ce mot appartient au champ lexical de l'économie...

La démonisation de l'étudiant
La démonisation est une technique qui consiste à prendre un groupe, à lui trouver une figure odieuse, malfaisante, que l'on érige en statut exemplaire du groupe en question. Au sein du mouvement étudiant, il s'agit de l'étudiant favorisé, celui qui possède des gadgets technologiques, celui qui a une voiture, qui part dans le Sud durant sa semaine de relâche, qui est blanc, masculin, québécois et sans enfants6. Non seulement cela occulte-t-il l'hétérogénéité du groupe social, mais cela permet... de le détester ! Comment un tel étudiant peut-il s'opposer à la hausse des frais de scolarité ? Cette image pourra justifier la haine contre tous les étudiants-es du mouvement.

La fétichisation
J'emprunte ce terme peut-être à tort à la psychanalyse dans un opportunisme assumé parce qu'il sert mon propos. La fétichisation consiste à prendre un objet et à lui attribuer un pouvoir magique. L'objet fétiche de l'étudiant-e, symbole de sociabilité ou de dégénérescence des rapports sociaux selon les uns et les autres, est le iphone et tous ses concurrents. D'après les médias et au sein de l'opinion publique, ce symbole est devenu l'emblème des étudiants-es et, par conséquent, on lui attribue le pouvoir de garantir la richesse de celui qui le possède comme on le ferait avec le propriétaire d'une voiture de luxe. On oublie cependant que les coûts ne sont pas du tout comparables... Dès qu'on réfléchit à ce prétendu pouvoir, l'absence de logique est si flagrante que l'adhésion à une telle idée doit nécessairement passer par une absence de rationalisation; ce qui, en soit, est extrêmement inquiétant.

L'infantilisation
Nous l'avons vu à toutes les sauces dans le traitement médiatique du mouvement étudiant. D'un côté, le gouvernement nous traite d'enfants gâtés, de l'autre, nous sommes les petits, matraqués, qu'il faut protéger. Dans tous les cas, cela relève d'une même idée : les étudiants ne sont pas des adultes, ils n'ont pas atteint l'âge de la raison et ne peuvent prendre de décisions éclairées quant à leur avenir. Cela pourrait au moins avoir la conséquence positive de nous déresponsabiliser face à nos gestes... mais non ! Réduire les étudiants à de jeunes écervelés qui font une crise dans un magasin de jouets est utile, mais pas du tout représentatif de la clientèle qui se compose à la fois des étudiants de 18 ans et des étudiants adultes des cycles supérieurs, parfois chefs et cheffes de famille, parfois près de l'âge de la retraite.

La projection
Il s'agit de projeter sur l'autre, voire sur tous les autres, notre propre comportement ou notre propre vécu. J'ai remarqué ce comportement à quelques reprises, notamment chez Stéphane Gendron et chez Jean-François Lisée. Gendron projetait sa stratégie de faire semblant que la ligne du téléphone fonctionne mal lorsqu'il ne veut plus discuter avec une personne. Il attribuait à Gabriel Nadeau-Dubois de telles intentions alors que, vraisemblablement, des difficultés de communication hors de son contrôle se produisait. Cette projection avait pour conséquence, non seulement de montrer sa terrible mauvaise foi, mais également de mettre en doute celle de N-Dubois au cours de l'entrevue télévisée7. Du côté de Lisée8, et même s'il le faisait positivement, il projetait son vécu estudiantin datant de X années comme étant représentatif du mouvement actuel. Il est normal de se baser sur notre vécu personnel pour le transposer vers le vécu d'autrui et ainsi ressentir de l'empathie, cependant, il ne faut pas penser que les choses sont semblables, que la réalité n'a pas changé en quelques décennies et que notre vécu est représentatif de la réalité présente. Cette projection leur sert de base pour étayer là-dessus d'autres conclusions. Par exemple, un autre chroniqueur dont j'oublie le nom utilisait son vécu estudiantin pour dénoncer la corruption dans les associations étudiantes (de son temps)...

La diabolisation
La diabolisation fait pendant à la démonisation et est la conséquence de toutes les autres techniques. Arme de propagande de guerre9 qui a servi le nazisme d'Hitler, elle consiste à prendre un groupe et à lui donner un caractère inférieur, détestable, dangereux pour l'ordre établi. On pense nécessairement à la montée de l'antisémitisme dans le monde occidental des 19 et 20e siècles où des théories justifiaient la violence envers les Juifs par l'infériorité de cette « race » sur la race aryenne. Dans notre cas, le mouvement étudiant est devenu une espèce de « race » contre laquelle il est politiquement correcte de pester, que l'on peut dénigrer et tourner en ridicule et contre lequel on peut tenir des propos incitants à la haine et à la violence tels que ceux lus sur la page facebook de CHOI Radio X10 (la radio-poubelle de Québec) et dans un article du Soleil11 désormais retiré qui faisait l'éloge des fascismes du début du 20e siècle et proposait la violence et la répression comme solutions aux revendications étudiantes. Cet aspect est le plus inquiétant. J'ai d'ailleurs été très surprise, lors d'une mobilisation étudiante de visibilité, de recevoir, à 3 reprises, un « finger » en guise de communication. De mon point de vue, il est tout à fait injustifié d'envoyer « chier » un étudiant ou une étudiante particulière quand on s'oppose à un mouvement général. Je pense seulement que c'est la conséquence logique de la diabolisation. Nous sommes désormais un groupe « racisé », responsables de tous les maux politiques, économiques et sociaux, et il est justifié de s'en prendre à nous, individuellement, en signe de désaccord.

La déresponsabilisation de l'agresseur et le blâme de la victime
Le fait d'avoir rendu coupables a priori le groupe des étudiants a pour conséquence que les actes d'abus seront considérés comme justifiés pour maintenir l'ordre social contre un groupe de dégénérés. Le blâme de la victime est une stratégie utilisée notamment contre les victimes d'agression sexuelle par exemple lorsque l'on tente de chercher un lien de causalité entre ce que portait la victime et ce qui lui est arrivé. Dans notre cas, cela encourage la brutalité policière qui peut dès lors s'approprier des pouvoirs et des droits sur les individus au nom de l'ordre public et qui permet, entre autres, qu'un étudiant pacifique, assis dans la rue à jouer de la guitare soit blessé gravement à l’œil sans que l'opinion publique ne crie au scandale. En effet, pour tous, « il avait juste à pas manifester [sic] », la police se lave les mains en expliquant que ses bombes sont sécuritaires et on conclut que l'élève a reçu un bloc de glace ou d'asphalte12 (lancé par un autre manifestant), ce qui pourrait être conforme à la réalité, mais qui ne justifie pas autant le blâme de la victime). Bombe, glace ou asphalte, on ne peut que noter que la présence de l'escouade anti-émeute attise la violence de tous les côtés. Le droit de manifester est ici clairement remis en question. En fait, tous les droits du groupe diabolisé sont remis en question. En l'absence de droits, c'est l'autorité qui prime, l'état policier, l'autoritarisme13.
La judiciarisation et la menace
Cette dernière stratégie a commencé à être mise en œuvre récemment et d'autres développements sont à prévoir. L'état se tourne vers son système de droits, le système juridique, qui lui permet alors, par la non-reconnaissance des droits des étudiants, de faire primer le droit individuel sur le droit collectif. Plusieurs exemples nous ont été fournis autant à Alma14 qu'à Québec15. Non seulement des étudiants s'en prennent-ils aux droits associatifs de l'ensemble des étudiants-es par l'entremise des injonctions, mais également aux professeurs-es par le biais de mises en demeure16. Elle nous mène à un état autoritaire où la démocratie et ses manifestations ne sont plus reconnues et où la dissidence qui en découle est judiciarisée en tant que désobéissance illégale. C'est efficace, personne ne veut de casier judiciaire, personne ne veut d'amende de 440$ comme certaines personnes ont eu à Québec, à Sherbrooke, à Montréal, à Gatineau et ailleurs17. Heureusement, des profs18 et des journalistes19 dénoncent la judiciarisation et demandent aux gouvernants-es de revenir au débat politique.

Remise en question de la démocratie
Le mouvement collectif est réduit à une somme d'individus dont le tout ne dépasse pas la somme de ses parties, contrairement à la notion « d'esprit de corps », aussi appelé « leadership distribué20 » décrit comme ceci :
  • Les interactions entre les individus sont mises en évidence
  • L’action est concertée
  • Les compétences individuelles des personnes contribuent à l’initiative et à l’expertise globale
  • Le pouvoir et les responsabilités sont partagés
  • Les résultats de la concertation dynamique vont dépasser la contribution individuelle des collaborateurs.
  • Une culture de confiance et de développement mutuel sera développée.
C'est le cas du mouvement étudiant, constitué par la base des étudiantes et des étudiants eux-mêmes, réunis en Associations étudiantes facultaires et inter-facultaires, puis en Associations de cycle (CADEUL, au 1e cycle, AÉLIÉS aux 2e et 3e cycles). Chaque association facultaire a un représentant qui porte les propositions votées en assemblée au sein de la CLASSE. Au Gouvernement, c'est le contraire, il s'agit d'une minorité d'individus élus qui agissent au nom d'une collectivité. Un tel système est scientifiquement moins efficace que la démocratie directe et l'actions de réseaux de communications dans un système collectif de collaboration qui augmente l'effet synergique entre les individus. Le terme « collaboration » est important. Il est démontré qu'un tel système est plus efficace si le nombre de femmes est grand, si la sensibilité des membres est respecté (décorum, courtoisie, discussions plutôt que débats, consensus plutôt que simple majorité, etc.) et si les tours de parole sont égalitaires21. Il est pertinent de dire que plusieurs associations étudiantes ont adopté des positions proféministes22 et ont parfois adopté des tours de parole en alternance homme/femme afin de motiver celles-ci à prendre leur place (étant donné qu'elle représente la moitié de la population, mais qu'elles sont sous-représentées parmi les porte-paroles).

Enfin, les gouvernants, en particulier la Ministre Line Beauchamp, se sont moqués de la démocratie directe en ne reconnaissant pas les associations étudiantes, en affirmant que le vote secret était « meilleur » que le vote à main levée et en réduisant la CLASSE à un groupuscule de militants radicaux (au sens péjoratif du terme, proche de l'extrémisme, et non dans son sens propre qui signifie de vouloir régler les problèmes en les prenant par leur racine – le système). Il n'est pas surprenant que Mme Beauchamp préfère les Fédérations, lesquelles ne consultent pas souvent leurs membres et ont largement été critiquées dans le mouvement étudiant (on se rappellera du référendum de la CADEUL pour se dissocier de la FEUQ en 200523) parce qu'elle ne procède pas de la démocratie directe mais bien plutôt, comme le gouvernement, d'un exécutif élu qui a désormais tous les pouvoirs sur ses membres et qui accorde, comme le gouvernement avec les citoyens, un pouvoir très réduit de « votants » ponctuels à ses membres.

On ne sera pas surpris que la Ministre Beauchamp ordonne au mouvement étudiant de se positionner en 24h, preuve de son ignorance du processus décisionnel de la CLASSE et de son manque de respect envers les étudiantes et les étudiants du mouvement24.

Pour mettre en image les différences entre ces deux démocraties, directe et indirecte, je vous propose d'imaginer un arbre dont la sève serait les décisions. En démocratie indirecte ou plutôt « représentative », les citoyens sont les feuilles et les élus sont les racines. Ceux-ci prennent les décisions qui ont un impact jusqu'aux feuilles des arbres sans que ces dernières n'ai joué un autre rôle dans le processus que de choisir ses racines tous les 4 ans. Tandis qu'en démocratie directe ou participative, les citoyens sont à la fois les racines et les feuilles alors que les élus représentent le tronc, c'est-à-dire qu'ils portent les décisions de leurs citoyens jusqu'aux feuilles, les citoyens eux-mêmes, dans une dialectique circulaire qui permet une grande participation des individus pour augmenter l'efficacité collective et obtenir un plus grand consensus populaire.

Dans le cas du mouvement étudiant, non seulement on tranche les racines, mais on isole le tronc et on détache les feuilles une à une.

Triomphe de l'individualisme
En ce sens, c'est le triomphe de l'individualisme où les représentants-es des étudiants-es se font passer pour des extrémistes (puisqu'on ignore le système de démocratie directe des associations) et où les décisions prisent en assemblée générale sont rejetées du revers de la main comme étant antidémocratique, tandis que les poursuites judiciaires d'un individu contre le groupe sont considérées comme légitimes. Pourtant, et pour en revenir aux études sur les formes d'intelligence, isoler les individus, c'est se priver d'une intelligence de « tout » qui dépasse la somme de chaque individu. La judiciarisation du mouvement ainsi que le triomphe de l'individualisme ont la même fonction; c'est une autre technique, selon moi, pour persuader un ensemble de cellules de « tu-seuls », comme disait si bien Michel Tremblay, que s'unir ne sert à rien et qu'il vaut mieux s'en remettre à l'autorité pour [les laisser] faire des choix éclairés.


Je conclus donc, très logiquement par une série d'encouragements : il ne faut pas lâcher ! Restons motivés-ées et unis-es ! Ne jouons pas leur jeu, jouons le jeu de la démocratie : grévons, manifestons, mobilisons-nous, discutons dans le respect, votons en assemblées.

Notices webographiques
1André Pratte, « Une crise artificielle », La Presse, 13 avril 2012, [En ligne] http://www.cyberpresse.ca/debats/editoriaux/andre-pratte/201204/12/01-4514826-une-crise-artificielle.php
3Un texte qui rassemble plusieurs préjugés intéressants à relever et qui traite spécifiquement du problème sémantique. http://actualites.ca.msn.com/chroniques/je-suis-en-gr%C3%A8ve-%C3%A9tudiante
Petite image du compromis qui a clos le débat. http://p.twimg.com/AqTKe9hCQAAGNww.jpg
6Cet article m'a fait rire, l'auteure affirme savoir de quelles couches sociales proviennent les étudiants-es dans les manifestations. http://www.journalpremiereedition.com/Article-de-blogue/b/21681/Greve-etudiante-la-honte
9Wikipédia, décrié des uns et loué par les autres, en fait une belle description. http://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_%C3%A9l%C3%A9mentaires_de_propagande_de_guerre
12Des nouvelles de l'étudiant blessé, le médecin donne son diagnostic. http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/faitsdivers/archives/2012/03/20120323-110605.html
13Voir à ce sujet le très bel article de Joan Sénéchal : http://www.facebook.com/notes/joan-s%C3%A9n%C3%A9chal/la-d%C3%A9rive/10150686767502198
15Le désormais célèbre Laurent Proulx. http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2012/04/03/009-laurent-proulx-comite-accueil-cours-universite-laval.shtml
16À l'UQO, où les professeurs-es se sont unis-es au mouvement étudiant. http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/2012/04/17/002-uqo-manifestation-injonction.shtml
17Il suffit de « googleler » les mots clés « arrestations étudiants » pour obtenir une tonne d'articles sur la question. Wiki , dont l'article est identifié comme « controversé » en dresse un portrait de 230 arrestations (chiffre provisoire) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_%C3%A9tudiante_qu%C3%A9b%C3%A9coise_de_2012
18Les professeurs de l'UQO, prêts à se faire arrêter : http://www.facebook.com/video/video.php?v=10151503901150587
20Ma mère a fait un très beau travail de maîtrise sur le sujet. Sources : http://www.sciencemag.org/content/330/6004/686.abstract.
21Le « C factor » : « correlated with the average social sensitivity of group members, the equality in distribution of conversational turn-taking, and the proportion of females in the group. ». Sources : Idem.
22Notre ACELUL (Association de création et d'études littéraires de l'Université Laval) à la dernière Assemblée générale ! Également, l'ASSÉ (Association pour une solidarité syndicale étudiante) avec son Comité Femmes.
23Les résultats de ce référendum qui a entraîné la désaffiliation de la CADEUL à la FEUQ. http://www.cadeul.ulaval.ca/cadeul/?Referendum_de_desaffiliation_a_la_FEUQ_resultats

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