samedi 8 décembre 2012

Avec retard... Macho malaise et gros rire gras à Tout le monde en parle.

Il y a quelques semaines, j'ai eu un malaise en regardant un macho se ridiculiser sur les ondes de Radio-Canada dans le cadre de l'émission Tout le monde en parle.

Je croyais cependant que tous et toutes le trouveraient ridicule d'affirmer qu'il était devenu cinéaste pour obliger les femmes à se dévêtir (je rapporte ses propos de mémoire). Cela me semblait impossible en 2012 qu'une personne, Frédéric Beigbeder en l’occurrence, puisse dire une énormité de la sorte sans que personne ne lui dise : t'es pas un peu con, toi? ou t'as fait un voyage dans le temps, tu reviens du passé?ou encore tu sais pas qu'ici, les femmes sont considérées comme des personnes? Ben oui, comme toi!

Au contraire, Guy A. Lepage et ses acolytes ont éclaté d'un bon gros rire gras directement sorti des années 50. De quoi remettre la virilité à sa place (et les femmes à la leur par le fait même).

Là, on était entre hommes. On se retrouvait, c'était drôle!

Une belle soirée de gars, bref. Une bonne vieille joke macho. Et on n'était même pas Noël (avec les chansons à répondre très sexistes et les mauvaises blagues de mononcle, sans compter celui que tous surveille du coin de l'oeil de peur qu'il s'approche trop des petites filles...)!

Tant pis si on exclut les femmes du show. Tant pis si on table cette blague sur une idée de pouvoir des hommes sur les femmes sur fond d'agression sexuelle.

Moi, je me suis sentie exclue et dénigrée. J'ai trouvé son commentaire dégueulasse, s'inscrivant dans cette culture du viol que je tente de quitter à mon tour en travaillant sur mes blagues. Quelle est ma place dans l’œil de ce cinéaste? D'autant plus que je ne correspond peut-être pas à ses standards... et alors, aie-je une place?

Et que de dire de ce dénigrement des femmes avec qui il travaille, des actrices, des professionnelles, des femmes qui acceptent de montrer leur corps avec l'idée d'ajouter au 7e art... pas de nourrir les fantasmes de leur employeur.

Mon malaise n'était pas tant dans cette mauvaise blague que dans l'absence de réaction dans la salle. J'ai trouvé ça troublant cette culture macho. Soudain, j'étais dans un club select où je n'étais plus la bienvenue... sinon que pour me déshabiller devant une caméra (et ça nous propose de lire Flaubert pour comprendre les femmes...!!!).

Marre des machos. Marre des rires gras. Marre d'être cette joyeuse compagne sexuelle de l'homme. Marre qu'on nie MA sexualité (tsé, celle qui est pas à ton service).

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